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Risques chimiques, biologiques et sanitaires

  • Évaluation des risques naturels et anthropiques sur le continuum du bassin versant au littoral
  • Diagnostic environnemental

La zone littorale charentaise représente une superficie élevée (190 km2) qui, associée à des influences environnementales continentale et océanique, offrent au bassin de Marennes Oléron une capacité de production naturelle élevée, et lui confèrent une situation exceptionnellement favorable pour l’ostréiculture et la mytiliculture. La seule activité ostréicole de ce bassin génère environ 9 000 emplois directs et 3 000 emplois saisonniers soit un chiffre d’affaires d’environ 160 millions d’euros. Deux fleuves, la Charente (380 Km) et la Seudre (68 km), se déversent directement dans le bassin de Marennes Oléron et constituent un apport en eau douce annuel moyen de 30 à 60 m3/s.
Les bassins versants (10 780 m2) se trouvent en amont de la zone littorale et sont un enjeu primordial pour la biodiversité en raison de la nécessité de sauvegarder la présence d’un certain nombre d’espèces patrimoniales d’oiseaux (Outarde …) ou de services écosystémiques (pollinisation…). 70% de la superficie de la région Poitou-Charentes est constituée de vastes plaines céréalières dominées par l’agriculture intensive. La simplification des assolements dans les régions de plaine et la tendance à l’intensification céréalière dans une région à aléas climatiques importants (fortes variations des rendements liés aux sécheresses) occasionnent une très forte tension sur les ressources en eau à la fois en quantité (irrigation) et en qualité (nitrate et pesticides). Les herbicides nécessaires au bon rendement de ces cultures, se retrouvent dans les eaux littorales en transitant par l’hydrosystème continental puis les estuaires de la Charente et de la Seudre.
De surcroit, la très forte activité touristique observée dans le département de la Charente-Maritime (deuxième au niveau national après le Var), et plus particulièrement l’augmentation de la population durant la période estivale, engendre des pics de contamination.

Les molécules utilisées dans les traitements herbicides des sols, la thérapeutique humaine ou animale, sont ainsi susceptibles de se retrouver dans l’environnement et d’atteindre les écosystèmes littoraux et marins en cheminant par les écosystèmes aquatiques continentaux en se propageant dans les chaines trophiques. Au cours de ce transit, elles peuvent subir des dégradations d’origine abiotique ou biotique et engendrer des effets toxiques sur les organismes vivants dont les prédateurs marins supérieurs qui, par leur position au sommet des chaines trophiques vont avoir un rôle d’intégrateurs globaux. Enfin les structures et infrastructures côtières associées à l’activité humaine restent rarement inertes vis-à-vis d’agents agressifs tels que l’eau de mer et sa biodiversité. Les produits issus de ces agressions (relarguage d’espèces organiques lors du vieillissement de peintures de protection d’ouvrage d’art, dégradation des bétons, produits de corrosion de structures métalliques, …) sont autant de sources de pollution dont l’impact sur la biodiversité est encore mal connu.

Les zones de marais jouent un rôle primordial dans ces phénomènes, en permettant la reminéralisation de polluants organiques agricoles/sanitaire de l’eau et assurant ainsi une disponibilité en eau de« bonne » qualité. Ce rôle de filtre entre les activités anthropiques développées sur le bassin versant et les étendues océaniques, est le principal service rendu à l’Homme par ces écosystèmes. Ce territoire présente donc un double intérêt en tant qu’objet d’étude. Ecosystème extrêmement sensible aux aléas et risques liés à l’impact humain, du fait des conséquences économiques des dégradations environnementales notamment sur l’exploitation ostréicole, il est également générateur de ses propres limites par l’expansion des populations humaines, leur mobilité, l’exploitation intensive des ressources et le relarguage de polluants. Dans un tel écosystème, le transfert des contaminants métalliques et organiques dans l’environnement, et ses conséquences sur les plans écologique et sanitaire, est une question scientifique majeure, indispensable à l’évaluation du risque environnemental.

Cet axe structure les projets dédiés aux risques chimiques, sanitaires et biologiques dans les bassins versants et les zones littorales et marines. Une approche autour du diagnostic et de la prévention est développée.

Contact

Responsable Axe :

Vincent Bretagnolle - CEBC (CRNS Chizé) -
Courriel : breta@cebc.cnrs.fr

Suppléant : Michel Baudu - GRESE (Université de Limoges) -
Courriel : michel.baudu@unilim.fr

Suppléant : Jacques Frère - EBI (Université de Poitiers) -
Courriel : jacques.frere@univ-poitiers.fr